Mardi 22 septembre 2009

    Nous nous levons à 7h, 30 minutes avant le petit déjeuner. Aujourd'hui, nous pouvons démonter nos tentes sans aide, notre message est donc passé. Avec le lever du soleil, les dunes sont rouge-orangées. Pas de marche : nous prenons de suite la piste.

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Nous longeons une bonne partie de la matinée le cordon de sable qui s'amincit de plus en plus jusqu'à disparaître. Nous assistons également à un spectacle rare : 3 gazelles à queue noire traversent la piste et fuient dans la steppe. Une vraie chance étant donné le faible nombre de représentants de cette espèce.

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Un peu plus loin, nous faisons nos provisions à Bayan Dalai. Pascale et Nelly achètent également le nécessaire pour la soirée du jour. Nous poursuivons pendant une dizaine de minutes et trouvons une yourte inhabitée. Nous reprenons la route pour nous arrêter dans un petit bak (village). Celui-ci mêle yourtes et habitats sédentaires. Les environs sont entièrement dédiés à l'agriculture entre élevage et cultures maraîchères. C'est dans ce cadre que nous allons manger à midi.

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Une famille nous invite chez elle pour que nous puissions prendre notre repas à l'abri du vent qui a pourtant considérablement faibli depuis le début de la tempête. Encore une expérience inespérée qui complète la nuit passer sous la yourte dans la famille à Baska !

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Il faut savoir que par tradition, les gens de la campagne laissent toujours la porte de leur yourte ouverte. En cas de besoin, les voyageurs (nomades ou touristes) peuvent ainsi y trouver un refuge face au danger. Le repas et le lit sont à leur disposition. En échange, ils laissent un peu d'argent. Un proverbe mongol reprend cette règle d'hospitalité : "Si tu fermes ta porte à clé, tu fermes aussi ton coeur".

   Pendant que Tuya prépare à manger dans l'UAZ, nous partons à quatre en direction d'un ovoo. Une fois effectués les trois tours conventionnels et notre voeu, nous prolongeons la promenade en direction de reliefs colorés. A l'horizon, de brefs tourbillons de poussière, hauts de plusieurs mètres, balayent la plaine. Au sol, un insecte caparaçonné et avec un sacré dard attire notre attention : il s'agit d'une sauterelle. Lorsqu'on enlève sa pique et que l'on aspire, le jus est paraît-il acide. Nous croisons également quelques geckos et retournons chez l'habitant puisque nous sommes invités.

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Sur le chemin du retour, une file de chevaux se dirige vers l'ovoo.

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   Dans la yourte, les photos de plusieurs chevaux : ceux qui ont gagné des courses, peut-être même le Naadam local. La famille mange directement sur le sol (il n'y a pas de table dans la yourte) se servant exclusivement de leurs doigts. Elle semble cependant aisée par rapport à celles que nous avons déjà rencontrées : elle possède une cuisinière locale ce que nous n'avons encore jamais vu, les meubles sont de plus belle facture que les fois précédentes ... Les gens sont mieux habillés et leur voiture reflète également leur condition.

Le repas achevé, nous marchons à quatre dans les environs jusqu'à un bosquet. Celui-ci abrite un jardin maraîcher où poussent par exemple des navets. Il est bien alimenté par des rigoles dans lesquelles l'eau s'écoule sans discontinuer. Quel paradoxe : nous sommes dans un désert où il peut ne pas pleuvoir pendant deux ans dans certains coins à l'est et nous tombons nez-à-nez sur une oasis de verdure !

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   Après quelques kilomètres, nous nous arrêtons à un puits au milieu de nulle part. Là encore l'eau affleure sous la surface. Etonnant désert ! Sans cesse de nouvelles surprises.

Les véhicules s'engouffrent ensuite dans une première faille. Puis, guidés par Nergui, nous rentrons par une brèche dans les gorges de la Vallée de Dungenee. C'est à peine si les véhicules passent dans l'étroite ouverture entre les parois verticales. Nouveau décor, peut-être la cerise sur le gâteau. Cet écrin n'est d'ailleurs accessible qu'une partie de l'année, la rivière en barrant l'accès le reste du temps.

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En scrutant les sommets, nous parvenons à détecter la présence de bouquetins et d'argalis. Dans le ciel, gypaètes et vautours décrivent de larges cercles. Les troupeaux ne sont pas en reste : ovins, chevaux, yaks ...

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Au détour d'une colline, nous montons le camp en milieu d'après-midi.

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   Nous partons à quatre en direction de la montagne, d'une des montagnes. Nous sommes à environ 2500m, les sommets sont très abrupts. Depuis ces promontoires, nous restons contempler le ballet des rapaces, les maîtres de ces lieux.

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   Ce soir, le repas est vraiment spécial : c'est le dernier dîner préparé par Tuya. Elle nous propose donc un repas traditionnel mongol avec notamment le khorkhog, un plat de fête. Le mouton est tué sans verser de sang : on l'incise au niveau de l'abdomen puis lui pince l'aorte. La cuisson se fait à l'aide de pierres brûlantes que l'on met dans la peau du mouton dépecé. Celle-ci terminée, on donne les pierres chaudes aux membres de l'assemblée qui les font passer d'une main à l'autre sans jamais les lâcher. Le plat nous est ensuite servi accompagné de nombreux légumes : carottes, choux, pommes de terre, oignons. D'autres légumes froids ornent l'assiette : poivrons, tomates ...

Par ailleurs, nous fêtons l'anniversaire de deux personnes du groupe dont Antoine car Onon dispose de cette information.

La présence de toute l'équipe locale à notre table a réjoui notre groupe de quatre. L'autre partie du groupe étant allée se coucher, nous débutons la seconde partie de soirée comme hier avec Onon, Tuya, Baska et Erka. Nergui récupère encore. Nous en profitons pour parler du Gobi, de son avenir avec sa transformation prochaine par des multinationales avides de pétrole et peu soucieuse de l'environnement. Les réserves bien que pas trop importantes, suscitent pourtant la convoitise des compagnies étrangères. 70% des réserves nationales se trouveraient dans le Gobi. Des négociations sont en cours entre l'Etat et les étrangers sur la répartition des bénéfices de cette manne. Mais les seconds n'acceptent pas la proposition 60%/40% en leur défaveur. Ils exercent donc de fortes pressions sur l'Etat mongol pour obtenir 50%/50%. Dès que l'accord sera signé, elles investiront et modifieront les paysages magnifiques juste pour l'argent ! Les rumeurs indiquent que les habitants vont s'enrichir d'où des migrations actuellement vers le Gobi. Comme le dit le proverbe mongol : "Le riche a 80 défauts, le pauvre 1 seul, qui l'accompagne jusqu'à la mort." La Mongolie ne va certes pas mourir à proprement parler mais elle va considérablement amputer les bénéfices qu'elle aurait pu tirer de ses propres richesses et dont elle aurait tant besoin pour garantir à moyen terme son autosuffisance alimentaire par exemple. Quel dommage !

Nous dressons enfin un premier bilan d'un circuit exceptionnel et prenons des photos de groupe avec l'équipe locale, celle du groupe parfait tout simplement !