Jeudi 24 septembre 2009

   A 5h, le lever est quand même un peu difficile et le sommeil n'a pas été meilleur que sous la tente malgré le lit. A 6h, le convoi s'ébranle. Les fourgons partent un par un à travers la plaine pour les 45 ultimes kilomètres de piste, les derniers cahots ... Nous assistons progressivement au lever du jour sur la plaine. Un dernier souslik traverse in extremis devant la fourgonnette. Dedans, le silence est d'or : nous vivons les dernières minutes avec Tuya et Nergui. Je préfère repenser à tous les bons moments de rire et de chahut depuis le départ du circuit.

   Nous arrivons à Dalanzadgad bien avant les autres. L'aéroport n'est pas encore ouvert. Une fois cette "formalité" accomplie, on nous fait savoir que le personnel d'enregistrement arrivera avec l'avion dans deux heures. Les autres passagers arrivent peu à peu, puis l'avion. Ce moyen de transport reste une solution très onéreuse même si les prix sont différents de ceux pratiqués pour les étrangers. Il existe quelques compagnies publiques et privées (MIAT, Aero Mongolia ...) qui desservent les plus grosses villes.

Pour les taxes aériennes, c'est un peu à la tête du client et, apparemment, j'ai une bonne tête ! Nous improvisons une dernière séance photos devant nos véhicules respectifs. Les adieux sont plutôt émouvants. Tuya craque. Elle repart avec Erka et Baska à Oulan Bator à 700 kilomètres dont la moitié est bitumée (24 heures de voyage tout de même). Quant à Nergui, il se dirige vers le sud, vers la Chine. C'est en effet un pays pour lesquels les Mongols n'ont pas besoin de visa contrairement à la Russie depuis 1998. Quant à la Corée du Sud, autre destination fort prisée par un grand nombre de travailleurs, des négociations sont en cours pour ne plus y recourir.

   De notre côté, nous embarquons à bord d'un Fokker 50 de la compagnie Aero Mongolia. Le confort y est remarquable : pour une fois, j'ai de la place pour mes jambes. Un petit déjeuner nous est également servi pendant les deux heures de vol.

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   A Oulan-Bator, nous attend un bus plus spacieux comme celui-du premier jour. Nous passons par l'hôtel déposer nos bagages puis repartons immédiatement pour une demi-journée marathon.

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Nous allons d'abord au Palais d'Hiver du huitième Bogd Han mais celui-ci est fermé suite au passage à l'heure d'hiver. Nous avons tout juste le temps d'apercevoir la maison de style russe où il logeait avec sa femme ainsi qu'une porte magnifiquement décorée.

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Nous nous rabattons donc sur une usine de cachemire pour ceux qui veulent faire des emplettes. La Mongolie est en effet le second producteur mondial de ce tissu derrière la Chine. Elle fournit 20% des stocks mondiaux.

L'heure du déjeuner approchant, nous allons dans un restaurant de la chaîne Modern Nomad dont le décor est aux couleurs d'un film romantique actuellement sur les écrans. Nous y retrouvons le khorkhog (le plat préparé par Tuya il y a deux jours) et avons le droit à une glace au chocolat.

Repartis de plus belle, nous nous cassons les dents au musée d'Histoire Naturelle qui est fermé pour cause de panne de courant. Onon se rabat alors sur le musée d'Histoire qui retrace la succession des peuples et des ethnies, expose les tenues traditionnelles de chaque région et explique la vie quotidienne. En peu de temps, nous retrouvons des souvenirs de tout notre périple.

Nous allons ensuite dans une seconde usine de cachemire appelée Gobi et plus réputée que la précédente. En effet, les bus de touristes et les voitures des catégories favorisées se succèdent à un rythme effréné. Pour en terminer avec les souvenirs, nous sommes déposés au State Central Store, un magasin où il se vend de tout.

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Ces formalités accomplies, nous nous rendons au Théâtre National pour un spectacle mêlant musique, danses et chorégraphies folkloriques en costumes, orchestre national, contorsionniste et chants diaphoniques. La grande diversité du folklore mongol réussie à nous captiver de bout en bout.

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Un des clous du spectacle est la reconstitution du tsam, une cérémonie autrefois pratiquée une fois par an dans les monastères. Un vieillard blanc apaise les conflits, querelles, guerres et tourments du monde terrestre par ses danses. Il calme ainsi les éléments déchaînés de la création et éradique les mauvaises influences.

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La représentation n'a vraiment rien à envier à celles des salles occidentales.

   A la sortie, nous tombons sur deux enfants mendiants. Les deux premiers mais aussi les deux seuls du voyage. Jusqu'à présent personne ne nous avait rien demandé, les gens donnant plutôt par simple générosité. Mais, malgré l'envie de répondre à cette générosité en donnant aux enfants, nous n'en avons rien fait pour ne pas les encourager à mendier. C'est peut-être injuste mais c'est une règle à respecter en voyage pour ne pas créer une dépendance. Dans tous les cas, cette rencontre témoigne de la pauvreté régnant dans la capitale qui, bien que cachée aux yeux des touristes, est malheureusement très répandue et visible.

   Pour le dernier dîner avec Onon, nous allons au Mongolian Barbecue. Comme le premier jour, un cuisinier jongle avec les aliments qu'il fait cuire sur une grande plaque. A deux reprises, les lumières s'éteignent, la musique "Happy Birthday" retentie et un gâteau fait son entrée dans la salle. C'est la spécificité du lieu paraît-il. Ce soir, Antoine remet l'enveloppe et prononce le discours. En retour, Onon nous remet à chacun une carte ainsi qu'un porte clé.

   Nous retournons à l'hôtel pour trente minutes puis nous dirigeons vers l'aéroport pour 22h. Onon nous quitte. Je me laisse emporter par l'émotion de ces derniers jours : la Mongolie était pour moi un rêve avant de partir, il a été plus que comblé par des rencontres et des expériences très riches et très fortes. En attendant l'embarquement, je montre alors à Antoine, Nelly et Pascale le témoignage d'Onon enregistré la veille à leur insu.

   Une fois dans l'avion, nous sommes restés trois heures cloués au sol en raison de vent trop violent. Nous ne souhaitons pas quitter la Mongolie mais elle aussi semble décidée à nous retenir ! A trois heures, le feu vert et donné. Cette fois c'est vraiment la fin !