Dimanche 20 septembre 2009

   Lever un peu avant 7h pour ma part. Après le petit déjeuner, nous marchons 40 minutes dans un désert de poussière. Les camionnettes nous rattrapent alors. Un peu plus loin, nous marquons un premier arrêt pour une photo de groupe, puis un second pour voir les chameaux de Bactriane, une espèce endémique. Les mirages apparaissent dans ces vastes contrées désolées : des flaques semblables à de l'eau, des dunes émergeant progressivement du ciel. De loin, les chameaux semblent d'abord être les derricks de puits de pétrole hauts de plusieurs mètres. De face, on dirait des hommes. C'est en se rapprochant que l'on se rend compte de la méprise.

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   A l'abord d'un village, nous passons à proximité d'un cimetière : seules les pierres tombales renseignent sur la fonction du lieu mais celui-ci n'est en rien délimité du reste de la steppe. Cette liberté, cette absence de clôture et de frontière si caractéristique du nomadisme se retrouve de fait tant dans la vie que dans la mort. Saisissant !

Le bourg en question s'appelle Mandal Ovoo. Nous nous y arrêtons pour nous ravitailler dans un "centre commercial". Me retrouvant seul avec Onon et Tuya, elles me demandent si nous serions prêts à manger du cheval ce soir au dîner. Je lui réponds par l'affirmative mais en lui conseillant de ne rien dire aux autres afin que les 4 "râleurs" n'aient pas de grain à moudre. Et me voilà au courant d'une confidence jusqu'au soir.

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   Nous repartons et voyons poindre en fin de matinée les premières dunes de sable à l'horizon. C'est là que nous allons manger ce midi. Tant mieux car les couleurs autour de nous changent rapidement. Arrivés sur place, nous grimpons à la dune.

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Avec mes chaussures basses, je fais le plein de sable. Ayant une heure devant nous, nous partons à quatre à l'assaut de notre sommet quotidien. Deux éperons rocheux se dressent à l'horizon.

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Parvenus au plus haut, il s'avère difficile d'accéder à son faîte sans escalade. Nous nous rabattons alors sur le second qui nous offre des points de vue sur une terre multicolore. Assis, nous profitons longuement de ce spectacle. Je ne pensais pas le Gobi aussi surprenant et diversifié, mais depuis que l'on y est entré hier, force est de reconnaître que les paysages ont changé au moins trois fois et que son sol est un vaste arc-en-ciel.

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   Nous reprenons la piste sans même marcher. Les véhicules se perdent de vue une première fois. Un arrêt permet de nous retrouver. Par contre, la seconde fois, la situation est tout autre : Erka et Baska sont loin devant notre fourgonnette conduite par Nergui. Or ce dernier connaît un raccourci et oblique soudainement vers la gauche. Les autres véhicules ne l'ayant pas remarqué, nous les voyons s'éloigner à l'horizon avant de disparaître totalement dans un mirage. Nous continuons donc seuls vers Bayanzag et y parvenons rapidement. Nous avons ainsi le temps de photographier les environs puis de grimper sur les hauteurs pour guetter l'arrivée des autres fourgons.

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Ils mettront au moins un bon quart d'heure. En effet, au bout de quelques kilomètres, ils se sont rendus compte de leur erreur de parcours et ont rebroussé chemin jusqu'à la bifurcation que nous avons prise. Suite à celle-ci, ils se sont également égarés momentanément. Je ne comprends rien au mongol mais suis sûr qu'ils n'ont pas manqué de se charrier après les retrouvailles.

   Notre campement du jour est établi à proximité d'un édifice en béton représentant une tortue géante. En réalité, c'est un restaurant pour touristes.

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Nous installons nos tentes à l'entrée d'une forêt de saxaouls (Bayanzag -le nom du site- signifiant riche en saxaouls). Il s'agit d'un arbuste dont se nourrissent  les chameaux en enroulant leur langue autour des branches. Cet arbuste présente en outre les caractéristiques d'un buisson ardent : sa combustion est très longue et il est dur d'éteindre ses flammes qui peuvent brûler toute une nuit.

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   Nous partons en milieu d'après-midi pour le Bord Rouge : une falaise de sable sédimentaire rouge où des archéologues ont trouvé deux squelettes de dinosaures, de nombreux fossiles et des oeufs datant du Crétacé. Nous nous sommes promenés sur le site une dizaine de minutes. Quelques cheminées de fée sont formées. Puis nous redescendons sur le plateau par un goulet.

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En contrebas, les geckos pullulent. Quelques buissons et jeunes pousses sortent de la terre aride témoignant que la vie triomphe même dans les endroits les plus hostiles.

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Puis nous nous baladons à quatre dans la forêt de saxaouls pour assister au coucher de soleil. Sauf que celui-ci tarde pour disparaître et qu'il faut aller manger.

Au repas, la viande de cheval est servie avec une sauce. C'est le plat national des Kazakhs. Il a une texture dure et un goût assez fort. Peu de questions sont posées (juste si c'est du chameau) et les assiettes sont toutes vidées sans remarque désobligeante pour une fois.

Plus tard dans la soirée, quand les râleurs partent, je mets les autres au courant du plat du soir. Les réactions sont positives. Au contraire, le lendemain quand les autres personnes du groupe ont été mises au courant, les critiques ont fusées alors que la veille les assiettes étaient vides. Peut-être un cliché trop tranché sauf que tout le voyage a été comme ça (et que je ne suis pas marseillais).