Samedi 19 septembre 2009

   Nous sommes finalement restés là et n'avons pas été en ville. Par contre, le froid est pinçant et le vent bien présent. Au pied de la tente, des pains de glace de 10 à 15 centimètres de long. Il aurait même neigé dans la nuit avant que le vent n'emporte tout. Le démontage de tente qui d'habitude se fait à deux est aujourd'hui opéré à cinq ! Personne n'est de trop pour tout maintenir au sol. Au petit-déjeuner, les chauffeurs qui ont écouté la radio nous apprennent qu'Oulan Bator est enneigée.

   Ce matin, pas de marche. Il fait trop froid : les températures restent négatives jusqu'à 10 heures. Autour de nous, le vent très violent charrie d'innombrables boulettes d'herbes à travers la steppe (comme celles des westerns). Leur vitesse est presque comparable à celle de notre véhicule. Autour de nous, sur les sommets, des résidus de neige.

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En fin de matinée, nous traversons une route bitumée. Elle marque l'entrée dans le désert de Gobi, le second plus grand du monde. Les précipitations en juillet-août ont été très faibles ce qui fait craindre le zuud pour cet hiver.

Nous atteignons un peu plus tard Saikhan Ovoo pour y faire quelques courses et pour qu'on nous indique les restaurants où l'on peut s'abriter de la tempête ce midi. Hélas, il n'y en a que deux et ils sont fermés. L'impensable finit cependant par se produire : une des deux propriétaires vient nous ouvrir son établissement et nous prête sa cuisine pour que nous puissions manger à l'abri. En France, je ne pense pas que cela aurait pu se produire. Pendant la préparation du repas, nous sortons à quatre faire un tour en ville. Quelques bandes de chiens errent mais ils ne sont pas bien méchants. Un enfant joue au cerceau. Un homme se déplace parmi les nuages de poussière. Bref la vie suit son cours.

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Nous passons devant une maison en pierre, la première du genre. Nous traversons ensuite le jardin municipal sans aucune verdure : juste  un grillage et deux allées perpendiculaires. Enfin, nous tombons sur un poteau électrique qui n'a pas été réparé depuis bien longtemps.

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   S'en suit le repas à l'abri. A l'issue de celui-ci, nous raccompagnons en véhicule la patronne à son domicile. S'étant très peu arrêtés ce matin à cause de la météo, il ne nous reste qu'une poignée de kilomètres cette après-midi : 20 km exactement. Nous roulons donc dans un paysage extrêmement plat jusqu'à pénétrer dans quelques collines au milieu desquelles la piste serpente.

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Le décor change et au sortir de monts, nous entrons dans le Tsagaan Tourist Camp. Pendant un bon moment, notre équipe discute les prix pour nous protéger de la tempête durant la nuit. L'accord est enfin conclu 20 minutes plus tard. Les yourtes sont des yourtes de 4, nous nous groupons donc par affinité c'est-à-dire par véhicule. La configuration de cette yourte est totalement différente de celle de l'autre jour chez l'habitant : le confort y est plus poussé avec lits et couvertures. Par contre, il y a toujours l'ouverture dans le toit bien qu'il n'y ait pas de poêle. En gros, seul l'extérieur est structuré de la même façon.

 

   Ayant un peu de temps libre, nous partons pour une marche, mais non d'accord sur la direction à prendre, nous nous séparons en deux groupes de deux. Avec Nelly, nous repartons vers la vallée que nous venons de traverser et croisons un chameau.

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Les rares arbres sont très noueux avec plusieurs troncs. Certains poussent même directement dans la paroi de la falaise.

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Puis nous quittons la piste pour monter au plus haut sommet à proximité. A son faîte, deux ovoos et beaucoup de vent à nouveau. La vue sur les alentours est magnifique : des collines et des plaines piochant dans une large palette de couleurs.

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Nous redescendons alors par un chemin pierreux peu agréable et retrouvons la piste qui nous ramène au camp.

 

   A 17h30, nous partons avec le reste du groupe pour le monastère d'Ongi, juste à côté du camp. A l'origine, au XVIIIème siècle, il était entièrement fait de terre mais il aurait brûlé. Au temps de sa splendeur, il comptait 300 temples environ et 2000 moines. Mais les purges staliniennes l'ont mis à mal en 1937 et transformé en champ de ruines. Avec l'argent de mécènes étrangers, un monastère a aujourd'hui été reconstruit et abrite 5 ou 6 moines.

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La rivière Ongi qui autrefois séparait les deux parties du temple est aujourd'hui asséchée à cause notamment de l'exploitation de l'or en amont. Sur chacune des rives, un stupa était édifié et possédait son symétrique de l'autre côté. De nos jours, il n'en reste plus qu'un seul dont l'état ne cesse de se détériorer. Une fois par an, ils brillaient dans la nuit.

 

Nous nous promenons ensuite dans l'ancien lit de la rivière mais le vent finit par nous faire rebrousser chemin. Nous pouvons dès lors en profiter pour prendre une douche directement sous le pommeau qui, cette fois, fonctionne. L'eau est tiède mais ça suffit amplement à mon bonheur.

 

   Ce soir, pas de veillée aussi tardive que d'habitude : nous nous adaptons au rythme de Nelly et Pascale qui partagent notre yourte. A 23h, le vent commence à se lever dans notre coin qui jusqu'à présent était à l'abri mais ça ne m'empêche pas de dormir. Par contre, à 3h30 du matin, la porte de la yourte qui était fermée par un loquet est grande ouverte et ne cesse de faire des allers-venues à cause du vent. J'attends quelques minutes pour être sûr que personne n'est sorti puis me lève pour la refermer comme Antoine l'avait déjà fait un peu plus tôt.