Jeudi 17 septembre 2009

   Nous nous levons pour 7h. Après le petit déjeuner, nous partons pour une marche en longeant la rivière. Ce sont nos véhicules qui nous la feront traverser. En juillet, époque de précipitations où la rivière était plus haute, un véhicule du convoi s'était embourbé au milieu du cours d'eau et y était resté 5 heures durant. Aujourd'hui, le niveau est plus bas et les chauffeurs redoublent de précautions pour éviter que l'incident ne se reproduise. Nous passons sans encombre.

Un peu plus loin, nous pénétrons dans la vallée de l'Orkhon par un col au sommet duquel nous marquons une halte. L'horizon y est très dégagé depuis le sommet et les couleurs environnantes sont variées : vert, jaune, rouge ...

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   Nous reprenons la route et bifurquons dans une vallée sans autre issue pour rejoindre le monastère de Tovkhun inscrit à l'UNESCO en 1996. Celui-ci est perché à 2312m au sommet de l'Ondör Shiveet (qui signifie Pontife élevé) et est caché par une vaste forêt. Nos véhicules s'arrêtent au bas de la colline où nous prendrons plus tard le déjeuner. En attendant, nous partons à pied vers le site religieux.

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La pente et la différence de rythme conduisent à la dispersion du groupe. La multiplication des sentiers brouille les pistes et le groupe de tête finit par se perdre dans la forêt. Sachant toutefois plus ou moins la direction du monastère, nous finissons par retrouver le chemin et par parvenir au sommet.

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Le reste du groupe y parvient bien plus tard, le temps pour certains d'entre nous d'aller jeter un coup d'oeil au site et pour les autres de lire les panneaux d'information. En voici une traduction approximative :

"Le monastère de E. Van Gichillin ou Duvhan a été édifié en 1653 par le premier Bogd Han Zanabazar, descendant direct de Chinggis Han et de Javzundamba. Son nom en tibétain "Duvhan" signifie lieu de refuge soit en mongol "Tuvkhen". C'est un sanctuaire sacré pour la contemplation et la méditation. Il est situé au sommet du Shiveet-Ulaan. Les pièces clés de cet endroit comprennent l'alphabet et le dessin du Soyombo inventés en 1686. Il symbolise l'indépendance nationale mongole et est devenu l'emblème national.

Reconnu comme l'un des pères de l'art bouddhiste mongol, Zanabazar rédigea un grand nombre de textes philosophiques, de sutras et créa des statuettes bouddhistes dont une série de 21 représentations de Tara. Le monastère abrite des reliques associées à la vie de ce saint homme et le temple sacré Bogd qu'il construisit de ses propres mains. Les empreintes de ses mains et de ses pieds en témoignent sur un rocher. Il comprend également la grotte dans laquelle le religieux méditait, 2 arbres liés, les arbres sacrés de Tara et Mahakala. Plusieurs bâtiments furent ajoutés ultérieurement durant le 18ème siècle sur l'initiative d'un lama d'Erdenee Zuu".

Nous commençons la visite par un escalier taillé dans la pierre.

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En haut de celui-ci, un replat dans l'éperon rocheux abrite une petite muraille refermant trois temples, tous fermés.

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Avec Onon, Nelly, Pascale et Antoine, nous poursuivons l'ascension de l'éperon. Un des passages est délicat car il faut chercher un appui sur la paroi verticale. Mais une fois franchi, nous arrivons à trois curiosités supplémentaires :

- le petit temple dédié au naga, serpent mythologique dans le bouddhisme qui a protégé le Bouddha durant sa méditation.

- un peu plus haut, la grotte de la Mère, un ensemble de deux cavités dans lequel il faut s'engouffrer et faire le tour pour "renaître".

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- et enfin, un ovoo dont l'accès est strictement réservé aux hommes. Pourquoi une telle discrimination dans le bouddhisme ? D'autant plus que j'ai déjà rencontré le même cas en Thaïlande. Cependant, il faut reconnaître pour être juste que, dans la plupart des religions, ce genre de discriminations existe. Ne faudrait-il dès lors pas un peu nous moderniser ?

La visite s'achève ainsi avec une belle vue sur les forêt et les collines environnantes.

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En bas de l'éperon sur lequel est juché le monastère, je fais un petit détour par deux arbres liés avant de rejoindre le groupe pour la descente.

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   Parvenus au "parking", nos camionnettes sont partiellement démontées : le UAZ aurait un problème électrique. Pendant que nous mangeons, Erka et Baska partent récupérer une pièce à l'entrée du parc naturel. Quant à Tuya, elle nous a préparé le mantuu, le pain mongol cuit à la vapeur. Nous nous reposons ensuite environ une heure pendant que les chauffeurs reviennent et font une réparation de fortune. Les laissant profiter de leur déjeuner amplement mérité, nous commençons à redescendre la vallée à pied avant de reprendre la piste dans notre petit convoi de trois véhicules.

   En fin d'après-midi, nous nous arrêtons au bord de l'Orkhon (une rivière) et y établissons le campement de tentes.

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Nous aurions dû ensuite aller à pied aux chutes d'Orkhon mais vues la distance à parcourir à pied et l'heure avancée, nous préférons reporter ça au lendemain et profiter d'une nouvelle baignade-douche. Les chauffeurs ainsi libérés peuvent s'occuper de leurs véhicules. Erka et Baska ne reviendront qu'à une heure du matin car ils se perdront sur la piste à la nuit tombée. Nergui revient plus tôt et mange dans la tente mess en même temps que nous. Nous sommes cependant sur nos gardes car un peu avant, un groupe de pêcheurs s'est éparpillé dans notre zone de bivouac pour pêcher de nuit. A part les sardines de nos tentes, que peuvent-ils donc trouver d'autres dans le coin surtout la nuit ? Ils finissent néanmoins par retourner à leur camion à une centaine de mètres pour dîner à leur tour.

   Etant donnée cette situation, les quatre "insatisfaits" de notre groupe s'éclipsent rapidement ce soir-là nous laissant avec Onon, Tuya et Nergui. C'est la seconde excellente soirée (après celle sous la yourte il y a deux jours) d'une petite série. Nous discutons d'abord de la façon dont les chauffeurs s'orientent dans la steppe (sujet inconsciemment d'actualité) puis nous nous posons des devinettes mongoles. Les éclats de rire sont vraiment fréquents car seule Onon connaît les réponses et que l'imagination de son auditoire part dans tous les sens. De même, à la devinette du Sphinx (qu'est ce qui à 4 pattes le matin, 2 le midi et 3 le soir ?), les mimes de Nergui nous permettent de nous tordre de rire.